
Géologue de formation et fraîchement nommé à la tête de l’Université de Ségou, Dr Mory Sidibé se présente comme un homme d’une dignité tranquille. De stature posée, teint foncé et visage expressif, il porte les marques sereines de la sagesse acquise au fil des années. Ses pommettes hautes encadrent un regard profond, où se lisent à la fois calme et détermination.
Sur la photographie officielle, son bonnet traditionnel clair rappelle son ancrage culturel, tandis qu’un grand boubou aux motifs géométriques noirs, blancs et orangés souligne l’élégance du respect des traditions maliennes. Assis, le dos droit, il renvoie l’image d’une autorité qui n’a pas besoin de hausser la voix.
Cette allure posée n’exclut en rien le dynamisme : passionné de basketball il manie aussi volontiers les pièces d’échecs et suit de près le football Dr Sidibé voit dans le sport une école de discipline, d’endurance et de cohésion ; des valeurs qu’il entend infuser dans la vie universitaire.
Un scientifique rigoureux au service du collectif
Formé d’abord à l’École nationale d’ingénieurs de Bamako, puis à l’Université d’État de Saint-Pétersbourg où il obtient son doctorat en 2005, Dr Sidibé s’impose très tôt comme un pédagogue respecté. Pendant plus d’une décennie, il enseigne et dirige l’option métallogénie à l’ENI, formant toute une génération d’ingénieurs. Ses cours de cartographie géologique, réputés exigeants, sont aussi connus pour leurs passerelles avec les besoins concrets du pays.
Son engagement, toutefois, dépasse les salles de classe. « Pour lutter contre l’injustice, j’ai été syndicaliste à défaut d’être avocat », aime-t-il rappeler. Une formule qui résume l’homme : scientifique aguerri, mais surtout citoyen convaincu que la connaissance doit servir la justice sociale.
De la mine au campus, une même exigence de terrain
Prospections minières à Bougouni, forages hydrauliques de Nara à Tombouctou, études sur la pollution des eaux souterraines de Bamako : son CV révèle un praticien proche du terrain. À chaque mission, Dr Sidibé conjugue rigueur scientifique et souci d’impact social, veillant à ce que la recherche éclaire les politiques publiques.
Cette expérience nourrit sa vision de l’université : un lieu où l’excellence académique doit dialoguer avec les réalités locales. Avant d’endosser les fonctions de recteur par intérim, il a gravi les échelons administratifs vice-doyen, doyen par intérim, doyen élu de la Faculté du génie et des sciences (FAGES) sans jamais renoncer à une gouvernance fondée sur l’écoute, l’équité et la transparence.
Un mandat sous la ligne de la resposabilité partagée
À l’heure où l’enseignement supérieur malien affronte massification, précarité et tensions sociales, Dr Sidibé entend insuffler une dynamique nouvelle à l’Université de Ségou. Sa feuille de route : renforcer la qualité de la formation, valoriser les langues nationales, intégrer les savoirs endogènes, et installer un climat de dialogue où la responsabilité est partagée entre étudiants, enseignants et administration.
« L’université doit rester un espace d’excellence et d’utilité sociale », résume-t-il. Une ambition à la mesure d’un recteur qui, depuis toujours, conjugue science, éthique et engagement.